Fa Populu Inseme (G. SIMEONI)

 

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Dans le cadre des élections territoriales des 20 et 27 juin 2021, la Coordination de lutte contre l’exclusion (CLE) a demandé à la liste Fà Populu Inseme, comme à l’ensemble des autres listes candidates, d’éclairer son positionnement, ses orientations stratégiques et les mesures concrètes qu’elle prévoit de mettre en œuvre durant la prochaine mandature dans le domaine de la politique de lutte contre la pauvreté et la précarité.

Dans une île ou plus de 20% de la population vit sous le seuil de pauvreté, où les phénomènes de fracture sociale continuent de s’aggraver, la lutte contre la pauvreté et la précarité apparait comme un enjeu absolument essentiel et stratégique.

Depuis que j’ai accédé en décembre 2015 aux responsabilités de Président du Conseil exécutif de Corse, j’ai ainsi placé ce combat au plus haut niveau de priorité politique.

J’ai considéré, avec le Conseil exécutif et la majorité territoriale, que :

  • la lutte contre la pauvreté et la précarité engageait, en tant que priorité politique, une vision et une conception de la société dans laquelle la dignité humaine, la solidarité, l’éthique, le souci de l’autre constituent des valeurs primordiales et non négociables ;

  • la lutte contre la pauvreté et la précarité n’était pas seulement une affaire de valeurs humaines, mais également une condition pratique pour préserver la société des pathologies et dérives qui la menacent de plus en plus ouvertement : exclusion, fragmentation, prolifération des logiques de bandes et de factions,…

  • le développement économique, s’il était une forme de réponse indispensable au reflux des phénomènes de précarisation et de pauvreté, ne pouvait résoudre à lui seul la complexité du problème, voire même qu’il ne pouvait prétendre en résoudre qu’une partie limitée ;

  • le caractère systémique des phénomènes de pauvreté et de précarité appelait une méthode favorisant la mobilisation des acteurs et la co-construction de la politique sociale ;

  • la solidarité devait être au cœur de toutes les politiques publiques mises en œuvre par l’institution ;

  • parce que les fractures sociales se doublaient très souvent de fractures territoriales, le combat engagé pour rééquilibrer le développement territorial en faveur des territoires du rural, de l’intérieur et de la montagne constituait de fait un des piliers les plus importants de la politique sociale d’ensemble.

  • Ces idées et ces principes ont guidé l’action de la Collectivité territoriale de Corse, puis de la Collectivité de Corse, entre décembre 2015 et juin 2021.

Dès 2016, nous nous sommes mobilisés pour co-construire, avec les acteurs du champ social, un plan volontariste et inédit de lutte contre la précarité et la pauvreté, voté le 30 mars 2017, avec des lignes directrices claires : construire une société solidaire et inclusive, inscrire notre action dans une logique de territoire et de proximité, engager la modernisation de l’action publique par l’expérimentation de dispositifs innovants, améliorer l’accès des Corses à la santé.

Depuis le 1er janvier 2018, la Collectivité de Corse est chef de file de l’action sociale et s’est donnée pour objectif la construction d’une société des solidarités. 850 agents, sur tout le territoire, participent à la mise en œuvre de la politique sociale auprès des publics, pour un budget en constante augmentation : 190 M€ en 2020 contre 170 millions en 2017.

Cet effort considérable se justifie par une évolution de l’offre de service désormais équitable sur tout le territoire Corse, par des efforts supplémentaires, volontaristes, dans une dynamique de projets en faveur de l’enfance, de la personne âgée et des personnes vulnérables.

Il s’est également accompagné de recherche de recettes nouvelles, en multipliant les contractualisations et les réponses à appels à projets dans tous les domaines.

Le projet « Fà Populu Inseme» que nous proposons aux Corses s’inscrit dans la continuité et la fidélité des orientations et des dispositifs conçus au cours des cinq dernières années dans le cadre « di u prughettu suciale 2018-2021 ».

Nous voulons construire une société apaisée, solidaire et respectueuse de la liberté et de la dignité des personnes. Nous voulons réduire les fractures sociales et permettre à tous les Corses d’accéder aux droits humains les plus fondamentaux : santé, logement, emploi, éducation, culture.

Cette dimension de lutte contre l’exclusion sera à nouveau au cœur des politiques que nous continuerons de déployer pour renforcer notre cohésion sociale et mieux vivre ensemble.

Poursuivre la lutte contre la précarité et la pauvreté :

La question de l’aggravation des inégalités et de l’exclusion sociale prend, avec la crise sanitaire, économique et sociale, une acuité particulière.

C’est pourquoi la Collectivité de Corse et l’État ont souhaité s’associer à l’INSEE pour analyser la pauvreté et ses caractéristiques au sein des 19 intercommunalités de Corse et évaluer les premiers impacts socio-économiques de la crise sanitaire en cours.

La géographie, l’économie, et la démographie des territoires conditionnent en effet les facteurs de résilience ou de vulnérabilité qui leur sont propres et qui justifient la mise en œuvre de mesures ciblées en fonction de leurs spécificités.

Cette analyse permet aujourd’hui de disposer d’indicateurs fiables au service di u « Pianu di lotta contr’a precarità è a puvertà » afin d’adapter la mobilisation des ressources publiques au niveau de chacun des territoires.

La pauvreté est plus élevée en Corse qu’en moyenne métropolitaine et celle-ci touche davantage les retraités que les actifs de l’île. Les premiers représentent jusqu’à un pauvre sur deux dans certains EPCI alors que la pauvreté des actifs est accentuée par la fréquence des bas salaires et dépend alors principalement du poids des secteurs où les temps de travail annuels sont faibles (hébergement, restauration, agriculture, aide à domicile).

La crise économique liée à la pandémie représente un nouveau défi pour les politiques publiques, car elle déstabilise l’économie de l’île : la baisse des heures rémunérées est plus forte qu’ailleurs, en particulier pour les secteurs et métiers touristiques. L’impact sur les territoires n’est donc pas homogène et une cartographie des intercommunalités de Corse permet de mettre en évidence cinq profils d’EPCI en fonction de leur type de pauvreté et leur degré de vulnérabilité à la crise : les zones touristiques les plus exposées aux conséquences de la crise ; les EPCI à orientation agricole marqués par la pauvreté ; les territoires urbains stabilisés par l’emploi public ; les intercommunalités rurales âgées ; les espaces résidentiels autour d’Ajaccio peu exposés.

Ce diagnostic est complété par des analyses sectorielles et sectorisées menées dans le domaine de l’autonomie, de l’enfance et de la famille, présentées devant l’Assemblée de Corse et dont les orientations ont été adoptées à l’unanimité : repérage précoce des fragilités et des vulnérabilité, accompagnement au domicile, modernisation et diversification de l’offre.

Nous devons par ailleurs densifier nos actions par des moyens ciblés sur le niveau infraterritorial et expérimenter des solutions nouvelles en lien avec les territoires.

Les démarches d’accompagnement territorial, permettant une approche globale des besoins des familles, de la petite enfance jusqu’à la prise en charge de nos aînés doivent être privilégiées : c’est le sens des travaux partenariaux des chartes de famille, de conventions territoriales globales, de contractualisations plus générales avec les EPCI…

Durant la mandature écoulée, nous avons initié une modernisation de l’action publique par l’expérimentation de dispositifs innovants qu’il faudra poursuivre, notamment :

  • En 2019, la Corse a été labellisée « Corse 100% inclusive » : 10 axes de travail sont retenus ;

  • Dans le contexte de la crise « des gilets jaunes », installation de la Conférence sociale : travail sur la formation des prix du carburant et des produits de consommation courante ;

  • La Collectivité de Corse a contractualisé 7 engagements avec l’Etat pour des actions visant à lutter contre la précarité : 3 M€ y sont consacrés pour un cofinancement d’1,2 M€ ;

  • L’accès à l’alimentation est un droit. Une conférence sociale alimentaire sera organisée. L’aide alimentaire sera renforcée par le développement des projets alimentaires territoriaux.

  • L’expérimentation « territoires zéro chômeur de longue durée » (TZCLD) : elle sera concrétisée au travers du dépôt des premières candidatures ;

  • Aboutissement de la réflexion menée sur les conditions de mise en œuvre d’un revenu universel : l’expérimentation est prévue en 2023 sur deux territoires à déterminer.

3 ans après l’adoption du plan d’actions du Plan Précarité, son bilan a été présenté en octobre 2020. Sur les 18 actions prioritaires et structurantes du Plan, 90 % sont déployées. L’enjeu aujourd’hui est d’ouvrir un nouveau chapitre, qui tienne compte des effets et des conséquences de la crise sanitaire et sociale, et qui mobilise davantage les leviers de l’innovation sociale

  • En renforçant l’empowerment et la mise en capacité des bénéficiaires : c’est le sens de leur présence et de leur association plus étroite dans plusieurs instances : observatoire de la protection de l’enfance, observatoire des violences faites aux femmes… ou du soutien aux projets collectifs sur les territoires. Ici les personnes ne sont plus considérées comme des consommateurs, des citoyens ou des « bénéficiaires » passifs mais comme des acteurs engagés pour trouver des solutions.

  • En décloisonnant les appels à projets dans des logiques plus ouvertes aux propositions des acteurs et des porteurs de projets, en favorisant les logiques de coopération et de transversalité.

  • En systématisant les approches de parcours dans l’accompagnement des publics : offre de référent parcours sur les situations complexes, expérimentation de référent parcours pour les bénéficiaires de RSA, mise en place de référents de parcours en protection de l’enfance.

Les mesures concrètes :

La rue :

La Collectivité de Corse est présente sur cette question bien qu’elle ne relève pas directement de ses compétences, notamment au travers de son règlement des interventions sociales et du soutien aux projets portés par les associations dans ce domaine (ex : A Fratellenza ou la fraternité du partage). La Collectivité continuera à accompagner les projets innovants dans ce domaine en investissement.

Il est à noter depuis 2018, le renforcement de l’accompagnement financier des personnes les plus démunies :

  • Aide alimentaire aux plus démunis : 450 000 € annuels et une multiplication par 2 du nombre de projets depuis 2015.

  • Augmentation de l’aide exceptionnelle de fin d’année (prime de Noël) pour les familles en difficulté (+ 230 000 € depuis 2018).

  • Nouvelle « aide financière destinée aux situations ponctuellement dégradées » qui peut aller jusqu’à 1 500 €.

Le logement :

Nous avons développé et renforcé, quantitativement et qualitativement, les dispositifs de soutien au logement notamment en créant un nouveau règlement d’aide au logement « Una casa per tutti, una casa per ognunu » par lequel la Collectivité de Corse finance la construction de logements, notamment pour accéder à la propriété à des prix inférieurs à ceux du marché. Nous avons également harmonié les règlements du fonds social logement (FSL) avec une augmentation du budget 2021 de 310 000 €. Ce dispositif majeur, accompagne les ménages dans l’accès au logement (prise en charge du dépôt de garantie, du premier mois de loyer, achat de mobilier de première nécessité…) et/ou le maintien dans le logement (prise en charge des dettes locatives et d’énergies…).

Pour la mandature 2021-2027, « Fà Populu Inseme » propose un grand plan de rénovation de 8600 logements sociaux afin de réduire de 1000 euros par an les factures de chauffage et d’électricité des ménages les plus fragiles (effort budgétaire pour la Collectivité de 188 M€) et qui représentera 470 M€ de commande publique qui bénéficieront aux PME et artisans insulaires.

Nous devons continuer l’effort budgétaire sans précédent décidé en faveur du logement social, en élargissant l’accès à la propriété et en mobilisant tous les dispositifs existants (bail foncier solidaire par exemple).

La mobilité :

Sur le transport maritime, nous avons tourné la page d’un modèle historiquement défaillant (grèves) et ruineux (SNCM) et rendu à la Corse la maitrise d’un secteur stratégique, en sécurisant juridiquement l’organisation du service public, en diminuant annuellement de 30 M d’euros le montant de la compensation, en baissant de 25% le prix du mètre linéaire de fret.

Notre objectif reste la validation par Bruxelles de la compagnie maritime à capital majoritairement public et le renforcement des infrastructures portuaires, dont celle de Bastia.

Sur le transport aérien nous avons obtenu une baisse historique des prix (de 160 à 99 euros bord à bord- et de 260 à 199 euros sur Paris) et la mise en place d’un tarif préférentiel pour la diaspora. Nous devons poursuivre l’effort engagé en faveur des aéroports de l’île, et la mise en œuvre du projet de métro aérien inter-méditerranéen.

Sur la mobilité interne, nous devons poursuivre la modernisation du réseau routier exterritorial et départemental et réaliser le Schéma Territorial de déplacement misant sur l’intermodalité rail-route et intégrant des lignes de transports scolaires, de transports de particuliers résidents et de clientèles touristiques. Cet outil doit notamment permettre de désenclaver quotidiennement les vallées de l’intérieur vers les centres urbains.

En complément, dans le cadre du pattu per a Ghjuventù, le dispositif Prima Strada, lancé en avril 2019, qui a conduit à l’aide au permis de conduire (500 €) en faveur de 100 jeunes en contrepartie d’un engagement citoyen au profit de diverses associations, sera renouvelé et amplifié.

La santé :

Le droit à la santé est un droit fondamental et notre objectif est de garantir à tous les Corses un accès effectif à ce droit. L’amélioration de la couverture des territoires en structures de soins de premier recours et le renforcement d’une politique de prévention et de promotion efficiente concourent à la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé.

Dès 2016, le secteur de la santé a été identifié et retenu par le Conseil exécutif de Corse comme un secteur essentiel et prioritaire. Nous nous sommes donc fortement impliqués sur cette problématique en menant une politique volontariste.

  • La lutte contre les déserts médicaux :

    • La Collectivité de Corse contribue à l’accompagnement et au financement si nécessaire des maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) et des équipes de soins primaires (ESP). A ce jour, 8 MSP et 12 ESP sont identifiées, déjà implantées ou en cours d’instruction, la communauté pluri-professionnelle territoriale de santé (CPTS) di Balagna (regroupement de plusieurs MSP et ESP), bientôt validée, sera la première de Corse ;

    • Mise en place du Bus Santé Social sur la plaine orientale pour un budget de 340 000 €. L’expérimentation sera réalisée sur un territoire de 14 communes et hameaux identifiés comme particulièrement touchés par l'isolement, le manque d'information et le renoncement aux soins ;

    • Réalisation d’un zonage spécifique élaboré par la Collectivité de Corse, appelé « Loghi Scantati », a permis d’aider à l’installation, la stabilisation de médecins ou la transmission pour les médecins désireux de partir à la retraite dans des zones « à risques » (aide forfaitaire de 10 000 €);

    • L’accompagnement des étudiants et des internes en médecine pour qu’ils puissent effectuer leur internat puis s’installer en Corse, en partenariat avec l’Université de Corse ;

    • L’obtention de l’augmentation du numerus apertus en 2020.

  • Un modèle de santé qui réponde aux besoins spécifiques de la Corse, « île-montagne » :

    • La revalorisation de 3 points du coefficient géographique porté à 11 % depuis le 1er mars 2017 (qui représente un gain d’environ 4.5 millions d’euros par an pour les établissements corses) ;

    • La prise en charge des frais de déplacements sur le continent pour les deux parents d’enfants malades : Amélioration du dispositif en 2017, puis en 2019 un marché public a été attribué à l’association INSEME pour un budget de 90 000 € ;

    • La Collectivité soutient également 3 structures d’hébergement et prend en charge de 6000 nuitées par an pour les familles : Un toit pour mes parents à Marseille, la Maison du Bonheur et Inseme à Nice ;

    • L’organisation des premières Assises de la santé de Corse, les 5 et 6 juillet 2019. De nombreux professionnels insulaires ainsi que des intervenants extérieurs, venus notamment de Martinique, ont permis de poser les premiers éléments de travail sur la création d’un CHRU en Corse ;

    • La Commission santé de l’Assemblée de Corse a également engagé des travaux sur la création d’un CHRU en Corse.

  •  La prévention de la santé : la Collectivité de Corse a développé et déployé ces dernières années des dispositifs innovants de prévention pour l’ensemble des publics :

 

    • La création d’un réseau de contraception et d’un réseau de sages-femmes et l’ouverture de 3 centres de planification supplémentaires : Lucciana, Lisula, Corti ;

    • L’accompagnement renforcé des femmes enceintes avec l’augmentation des visites à domicile ;

    • La mise en place de consultations gynécologiques gratuites à destination des étudiants au sein de l’Université de Corti ;

    • Le lancement d’appels à projets dans le domaine de la prévention, en particulier pour le mieux-être des jeunes et le financement des associations œuvrant dans ce domaine.

Nos principales propositions pour la mandature à venir se déploient au travers de 5 axes forts :

1) Passer d’une politique de prévention à une politique de promotion de la santé :

  • Triplement du nombre de bus santé- social pour mailler le territoire ;

  • Création de centres communs de planification familiale et de dépistages ;

  • Développement des coopérations entre médecins du territoire et la Collectivité de Corse pour des prises en charges partagées par le biais de contrats ;

  • Permettre aux enfants de développer leur potentiel et leurs facultés dans l’environnement le plus favorable, et ce dès la conception ;

  • Promotion du sport, nutrition et études d’impact environnemental sur la santé.

Cet axe est primordial et s’adresse prioritairement à l’accompagnement du tout petit enfant, alors même que l’état de la science nous indique désormais que les inégalités peuvent se creuser dans les tous premiers mois de vie et de développement de l’enfant. Cet enjeu, désormais bien repéré, sera relevé par le déploiement d’actions conjuguées sur les modes de garde, sur le suivi des femmes enceintes, sur l’accompagnement à la naissance, sur le développement des compétences psycho sociales, sur le soutien aux projets de prise en charge spécifique (centre maternel et infantile…).

2) Lutter contre les inégalités sociales et territoriales de santé :

  • Promouvoir les nouvelles technologies au service de la santé (e-santé) pour réduire la fracture territoriale, les situations non-recours aux soins et pour contenir le phénomène de désertification médicale ;

  • 2022-2026 : Moderniser des établissements de santé et medico sociaux à travers un plan massif de soutien à l’investissement dans le secteur médico-social de Corse et de la construction d’une offre gériatrique renforcée. Le plan sera structuré autour de 3 axes : volet immobilier, volet numérique et volet équipements pour 15 millions ;

  • Soutenir l’obtention d’un Petscan qui améliorera la prise en charge des patients ;

  • Développer les filières de formation paramédicales et en créer de nouvelles (infirmier en pratique avancée, technicien en imagerie médicale, manager des établissements de santé) en partenariat avec les universités ;

  • Soutenir la formation continue des professionnels de santé notamment au travers des moyens numériques.

3) Accentuer l’accompagnement du maintien à domicile :

  • La création d’une technicothèque personnes âgées/personnes en situation de handicap. Ce dispositif permettra l'acquisition de matériel, mais également l'accompagnement des personnes dans l'aide, le choix et l'installation de ces équipements (ergothérapie) ;

  • Création d’un living lab : espace de présentation et de démonstration des aides techniques qui viennent en aide à la personne en perte d’autonomie ;

  • Accompagner un projet de gérontopôle (prévention, repérage de la fragilité de la personne âgée et éviter les hospitalisations) ;

  • Soutenir les aidants par de nouveaux appels à projets.

     4) Obtenir l’accroissement des compétences de la Collectivité de Corse :

L’épidémie de Covid 19 a révélé le manque de réactivité du ministère de la santé qui n’a pas été en mesure de protéger tous les personnels hospitaliers soignants et non soignants. La demande de compétences au moins partagées se fera prioritairement dans les domaines suivants :

      • Compétence pour le numerus apertus ;

      • Détermination du zonage des professionnels de santé ; - Compétence dans le domaine des addictions.

    5) Soutenir les structures de santé et accompagner l’élargissement de l’offre de soin :

  • L’obtention d’un Plan exceptionnel d’investissement dans le domaine de la santé, premier objectif majeur de la mandature. Tous les établissements de santé publics et privés seront inclus dans cette réflexion globale et leurs besoins spécifiques abordés et traités dans le cadre de cette stratégie globale.

  • Soutenir la création de l’hôpital de proximité du Fium’orbu et poursuivre l’accompagnement des projets des autres hôpitaux de proximité.

  • Renforcer et inciter les projets de collaboration public-privé seul moyen d’éviter les effets négatifs sur la démographie médicale en chute libre dans les 10 prochaines années.

  • Ouvrir les 2eme et 3ème années de médecine à l’Université de Corse.

  • Ouvrir des postes supplémentaires d’assistants sur les centres hospitaliers.

  • Création d’un CHRU dans les années à venir. Certains services hospitaliers de Corse ont déjà une vocation hospitalo-universitaire. Il faut accroitre et faire évoluer le modèle vers un CHRU multisites adapté à notre territoire.

Les jeunes et l’emploi :

Nous avons mis en place « u pattu per a ghjuventù » qui décline une politique pour la jeunesse et par la jeunesse, co-contruite avec l’ensemble des acteurs :

    • Mise en place de l’« Osservatoriu territoriale di a Ghjuventù » : centre de ressources et d’expertise sur les questions de jeunesse et les politiques qui lui sont dédiées ;

    • Pérennisation des « Assise di a Ghjuventù » autour du slogan « M’impegnu per l’avvene è tu ? » : donner la parole aux jeunes (11-30 ans) et intensifier le dialogue entre la jeunesse corse et les différents acteurs politiques et institutionnels de l’île ;

    • Structuration d’un réseau d’acteurs de jeunesse : mise en œuvre de la Charte des acteurs de jeunesse ;

    • Obtention du droit d’éligibilité de la Corse au fonds européen : « Initiative pour l emploi des jeunes » ;

    • Création du campus des métiers de la transition énergétique ;

    • Développement de lenseignement du code informatique, comme la découverte des technologies et de la robotique dès le primaire ;

    • Lancement du site ghjuventù.corsica : recensant l’ensemble des dispositifs mis en place par la Collectivité ;

    • Lancement du site mobighjovani.corsica : recensant l’ensemble des stages et volontariats proposés à l’étranger à destination des jeunes pour les aider à réaliser leur mobilité internationale durant leur cursus supérieur ;

    • Installation d’un plan daction pour la détection et la prévention du décrochage scolaire (covid et hors-covid) : lancement du dispositif Corsica Orientazione ;

    • Mise en place d’aides à l’initiative jeunesse : aider les jeunes porteurs de projets innovants, attractifs et favorisant les changements comportementaux par des prises accrues dinitiatives et de responsabilités (Ghjovani in mossa, Prima Strada).

Notre jeunesse s’engage, s’investit, et montre qu’elle croit au présent et à l’avenir de cette île, notre île, et de son peuple, notre peuple. Elle croit à la valeur du travail et à la richesse de sa pluralité. Afin de toujours donner de l’espoir à la jeunesse dans une société corse saine, dans les domaines de la formation, de l’emploi et de son implication participative à la vie démocratique et citoyenne, notre engagement à ses côtés restera au cœur de la mandature.

Les projets sont nombreux :

    • Présenter la candidature de la Collectivité de Corse à l’appel à manifestation d’intérêt relatif à la création du service public de l’insertion et de l’emploi.

    • Développer une politique générale en faveur de l’intégration de la jeunesse hautement qualifiée dans les startups, les entreprises de tous secteurs économiques et les différents services dédiés à la collectivité, dans un souci constant d’apport de nouveaux outils de travail performants, de méthodologies adaptées et de compétences dans leurs domaines de prédilection, dans lesquels ils ont été formés et dans lesquels ils ont acquis une première expérience.

    • Renforcer les incubateurs d’excellence, pour la création et l’accompagnement de startups et structures d’innovation. Proposer des bourses, appels à projets, financement de tiers lieux pour faire venir des spécialistes sur des durées déterminées pour l’organisation de séminaires de travail collaboratif.

    • Mettre en place un dispositif « Aria ò Ghjuventù ! » pour faciliter les déplacements des jeunes entrepreneurs et professionnels dans des espaces de coworkings à l’échelle internationale et pour favoriser l’acquisition d’une culture entrepreneuriale élargie.

    • Favoriser les échanges et conventions entre l’Education Nationale, les établissements scolaires, les institutions éducatives dédiées à la formation et l’apprentissage, l’Università, ses départements et composantes internes et les laboratoires de recherche affiliés, pour mettre l’ingénierie et l’accompagnement de projets insulaires au cœur de la démarche pédagogique.

    • Créer du lien entre les agents de la Collectivité, en leur proposant d’interagir avec les effectifs formés au travers d’ateliers, de permanences régulières, de stages, de vacations et réciproquement de permettre aux personnels de la Collectivité de bénéficier de la carte de formation continue proposée par les diplômes universitaires afin de permettre une montée en compétence au plan local.

    • Faire connaitre les initiatives innovantes et améliorer leur relai et la communication entre les acteurs du tissu économique insulaire et les associations.

    • Mettre en perspective les besoins recensés sur le territoire et offres de formations à mettre en œuvre pour y répondre localement (développement d’une offre adaptable de formation continue).

    • Développer et renforcer la formation initiale dans les secteurs fondamentaux et appliqués, vecteurs d’innovation (Numérique, robotique, Intelligence Artificielle).

    • Développer les initiatives pour les projets de mini-entreprises destinés aux collégiens à partir d’enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) au cours desquels la créativité et l’esprit d’entreprise sont sollicités.

    • Permettre d’accéder à une connexion internet de qualité à tous les élèves et étudiants du territoire.

    • Mettre en place des dispositifs daide pour laccès au carburant aux jeunes, inscrits à lUniversità di Corsica, qui pratiquent le covoiturage (référencement sur appli mobile).

    • Mettre en place des aides incitatives et préférentielles dédiées aux étudiants pour l’achat de vélos électriques rattachés aux bornes entre les deux campus et les points stratégiques de la ville de Corti.

    • Refondre les Contrats Educatifs Locaux : proposer une offre plus diversifiée et équitable en terme d’activités périscolaires, de la petite école du rural à l’école de ville, favoriser les ateliers immersifs « Cultura », « Natura », « Patrimoniu », « Ambiante », « Lingua Corsa » de la maternelle au primaire.

    • Elargir le dialogue structuré avec la Jeunesse.

    • Proposer un budget participatif à l’Assemblea di a Ghjuventù.

    • Lancer des Scontri di a Ghjuventù : accompagner les territoires qui le souhaitent à développer leur politique de jeunesse et associer tous les établissements scolaires insulaires, les CFA, l’AFPA, l’Università et les centres sociaux communaux.

    • « M’impegnu oghje » : Mettre en place un engagement jeune (service civique corse) en adaptant les missions proposées dans le cadre d’un service civique classique aux problématiques du territoire et d’en diversifier les objectifs d’apprentissage et d’intégration.

    • Créer un statut de « jeune en devenir » à destination des jeunes chômeurs leur permettant d’accéder à un forum de métiers dans le but de restaurer certaines filières artisanales et professionnelles d’excellence (environnement, tourisme, bois, pierre, terre… ). - Soutenir le développement des foyers jeunes travailleurs.

    • Systématiser un bilan de santé gratuit pour tous les jeunes et développer la prévention de lutte contre Tabac, Drogue, Alcool, Vitesse au volant par le biais d’associations avec mutualisation des moyens humains et matériels au niveau du territoire. (Itinérances lieux festifs, milieux nocturnes, campus, etc. ).

    • Mettre en œuvre le « Pass Ghjuventù » : porte-monnaie électronique pour les dépenses sur le campus, l’accès à la culture, l’accès aux transports en commun, aux activités sportives et manuelles…

    • Mettre en relation les membres de la diaspora avec les étudiants. Mobiliser ainsi les acteurs et structurer les réseaux d’échange/de stages/ d’insertion junior/ de cycles de conférences avec notre diaspora.

L’accès aux droits :

« U prughettu suciale » nous a permis de renforcer la présence de la Collectivité dans les territoires et d’améliorer la couverture d’intervention de l’action sociale pour les usagers :

    • Création d’un nouveau pôle territorial. L’action sociale de proximité est désormais, déployée sur 9 territoires : Bastia nord, Bastia sud Lucciana, Corte, Balagne, Plaine orientale, Ajaccio1, Ajaccio 2, l’extrême sud et le Sartenais Valincu.

    • La construction d’une offre de premier accueil social de proximité afin que toute personne, quel que soit son lieu de résidence, ait la garantie de bénéficier d’un accueil social à moins de 30 minutes de son domicile.

    • La densification des permanences de travailleurs sociaux dans les communes.

    • La création d’un portail web répertoriant l’ensemble des dispositifs existants, des acteurs sociaux et des lieux d’accueil de la Collectivité de Corse.

    • La création de l’observatoire des violences faites aux femmes en mars 2021 (le 3ème de France) : Pour construire une politique publique adaptée à la lutte contre les violences faites aux femmes en Corse, il est indispensable de mieux connaitre lampleur du phénomène et son évolution, les mécanismes des violences, le profil et le parcours de vie des victimes pour améliorer leur repérage, adapter la prise en charge et construire des dispositifs partenariaux efficaces.

    • En 2018, lancement de la plateforme des personnes âgées en risque de perte d’autonomie (PAERPA). Elle permet de repérer la fragilité et de signaler les situations complexes, en lien avec les professionnels de santé.

Le renforcement des interventions sociales sur le territoire doit plus que jamais être soutenu par plusieurs leviers d’actions :

    • Promouvoir les formations du travail social et para médicales en Corse pour soutenir la volonté d’intervention pluri professionnelles et au domicile.

    • Développer les missions du comité local du travail social créé en 2020 pour porter une réflexion locale sur les dimensions du travail social.

    • Développer la démarche de « référent de parcours » proposée aux bénéficiaires consacrant le droit à un parcours personnalisé à toute personne rencontrant des difficultés multiples.

    • Investir la lutte contre le non-recours : étude à programmer, modalité du « aller vers » à développer.

Les migrants :

La Corse a toujours été une terre d’accueil. Conformément à notre conception humaniste de la société, nous voulons que cette tradition d’hospitalité soit perpétuée. Les migrants sont avant tout les victimes de conflits qui les ont contraints à quitter leur pays d’origine. « Fà Populu Inseme » considère donc que c’est l’honneur des sociétés et des pays que d’accueillir les femmes et les hommes dont la vie est menacée et de leur offrir un refuge.

C’est dans le cadre de cette tradition d’hospitalité qu’un certain nombre d’élus corses, avaient fait savoir que la Corse était prête à accueillir l’Aquarius, en juin 2018, et les réfugiés présents à son bord au titre de l'aide humanitaire d'urgence. Cette position nous apparaissait et continue de nous apparaître aujourd’hui comme naturelle et d'évidence.

Pour autant, nous ne mésestimons pas la gravité et la complexité de la question migratoire, particulièrement en Méditerranée. Et nous savons qu'elle ne peut être traitée qu'à travers une politique globale, assumée par l'Union Européenne et l'ensemble de ses Etats-membres.

En Corse, un travail en amont doit être mené avec la population pour créer les conditions d’une intégration sereine car la question des migrants est, nous le savons, souvent instrumentalisée pour attiser les peurs.

A ce titre on peut saluer l’intégration réussie des mineurs non accompagnés (MNA) par la Collectivité de Corse.

Ces enfants arrivés, apatrides, déracinés, sans lien familial et souvent porteurs d’histoires douloureuses doivent pouvoir trouver en Corse les voies de leur intégration, par des prises en charge spécifiques (gestion de trauma, apprentissage de la langue) et bénéficier des mêmes droits que les autres enfants. Ces droits sont protégés, et sont effectifs sur notre territoire, grâce à la politique mise en place par la Collectivité.

Ils sont près de 140, dont 102 accueillis en Corse et représentent près de 50% des jeunes de 1617 ans confiés à la Collectivité et près de 80% des 18 ans et plus.

Une étude récente commandée par la Collectivité à l’ANSAA (agence nouvelle des solidarités actives) souligne que le taux de prise en charge des jeunes sortants de plus de 18 ans est en Corse l’un des plus importants au plan français. Le taux de prise en charge en contrat de jeunes majeurs est très élevé.

Aucun enfant confié à la protection de l’enfance ne doit rester sans solution, c’est l’engagement que l’on doit à tous nos jeunes.

La prise en compte des réels besoins des associations et de leurs bénéficiaires :

Depuis notre accession aux responsabilités, nous avons placé l’éthique, l’équité, la solidarité et la démocratie au cœur de l’ensemble des décisions et des politiques publiques impulsées et mises en œuvre par la Collectivité de Corse :

L’éthique en mettant en œuvre des procédures conférant transparence, lisibilité, et équité dans tous les grands domaines d’intervention et notamment par l’élaboration des nouveaux règlements des aides de la Collectivité.

L’équité dans les décisions avec un rééquilibrage en faveur des territoires de l’intérieur et de montagne et en faveur des associations qui mobilisent le bénévolat.

La démocratie en systématisant la concertation et l’implication des acteurs dans la définition des politiques publiques (Assises de la jeunesse, de la santé, Scontri avec les territoires, conférence sociale, plan Salvezza è Rilanciu) pour co-construire nos politiques publiques, en renforçant le rôle des organes consultatifs de la Collectivité de Corse ( implication élargie du CESEC, de la Chambre des territoires, de l’Assemblea di a ghjuventù), et en créant de nouvelles instances citoyennes (comité d’évaluation des politiques publiques, comité local du travail social).

Nous avons créé une instance de gouvernance de la stratégie territoriale de l’économie sociale et solidaire (ESS) en installant, en décembre 2020, un comité de pilotage qui réunit la Collectivité et ses instances consultatives, l’Etat, la CRESS Corsica et les acteurs de l’ESS.

Nous avons renforcé et simplifié les règlements d’aide aux associations (21 mesures d’aides destinées aux associations, + 650 000 € depuis 2018) et mis en place des financements pluriannuels, notamment dans le cadre de l’insertion par l’activité économique.

Nous devons aller plus loin en systématisant les conventions pluriannuelles, en prenant d’avantage en compte la place du bénévolat au sein des associations et en simplifiant les démarches administratives (guichet unique).

En 2018, nous avons lancé le réseau des acteurs sociaux qui mobilise de nombreux partenaires et acteurs de terrain et qui a vocation à initier de nouveaux projets et des thèmes d’études et à être ainsi force de proposition dans le domaine de l’action sociale de la Collectivité. Nous devons le mobiliser très régulièrement.

Enfin, nous proposerons de créer, dès le début de la mandature, une commission mixte, visant à faire des propositions pour renforcer le caractère démocratique du fonctionnement des institutions.

Nos dispositifs et notre engagement contre la pauvreté s’intègrent dans notre vision globale du développement économique et social. La lutte contre la pauvreté c’est aussi faire qu’il y ait moins de pauvres, et si possible, qu’il n’y en ait plus du tout.
Nous nous battons pour un modèle économique et social équilibré, créateur de richesses, intégrant les enjeux du développement durable, organisant la solidarité. Donner la priorité à l’éducation, la formation et l’enseignement, c’est faire reculer structurellement la pauvreté, la précarité et l’exclusion.
 

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